05-04

Il faudra probablement se souvenir de ce 5 avril 2021 ...

Oh clairement pas pour les bêtises de Pierre-Jean Chalençon qui rejoint la clique des mouches en mal de projecteurs et buzz au point qu'ils sont prêts à faire des "blagues" qu'on pardonne peut-être aux adolescents mais pas aux brocanteurs fermentés dans un esprit d'Empire dont ils ne sont pas dignes tant dans l'esprit qu'à la lettre. Non non, de cela, on ne parlera finalement pas parce que c'est comme les nouvelles révélations sur Pierre Ménès [désolé, j'attends un plus gros poisson qui ne devrait pas tarder] ... en revanche, moi hier après-midi, il s'est passé quelque chose sur mon canapé.

Oui, sur mon canapé hier après-midi, Zolimari m'a confié son désarroi et ce n'est pas si fréquent pour quelqu'un qui aime manier les apparences comme lui.
Après avoir expliqué qu'il était en panne sèche d'idées cadeau pour son prochain anniversaire, une discussion sur tout ce qui l'angoisse est intervenue ... le tout étant évidemment lié au fait qu'il prend un an de plus dans quelques jours.

A quoi rime cette vie qui ne recèle plus des douceurs que nous avions le bonheur d'y insérer puisque l'on ne peut plus sortir, on ne peut plus voyager, on ne peut plus faire de projets ... c'est simple : on ne peut plus. Et devant cet océan d'interdits qui pouvaient sembler amusants au début pour autant que cela ne dure pas, il est clair qu'au bout d'un an d'enfermement plus ou moins strict [mais en l'occurrence, lui et moi faisons partie de ceux qui s'imposent, civiquement, un enfermement aussi strict], la potion devient indigeste et provoque tout un tas d'aigreurs que quelques respirations ne sauraient dissiper.

Aussi, il a mis sur la table le fait que nous n'avons plus de projets ... il voudrait un enfant [sans vraiment en vouloir un], il voudrait une maison de campagne [sans vraiment être sûr de pouvoir en accepter la charge], il voudrait ne plus travailler [sans vraiment me dire qu'il en accepterait les conséquences, y compris pour moi] ... bref, il cherche et se cherche : c'est le charme douloureux de la quarantaine.

Au désir d'enfant, je réponds toujours par la boutade que j'en ai déjà un en le regardant fixement dans les yeux. Sur la maison de campagne, l'idée me trotte aussi dans la tête depuis plus d'un an. Sur le fait qu'il s'arrête de travailler, je demeure persuadé que l'oisiveté est mère de tous les vices et qu'il finira par tellement s'ennuyer que cela n'ira pas dans le bon sens [cela rejoint aussi le fait qu'il prenne un boulot de caissier chez Franprix ... ça ne tiendra pas quinze jours tout ça]. Après, il a exprimé ce que je pense depuis quelques temps [depuis un an que je vis avec des voisins pénibles, mal élevés et qui élèvent mal leurs mômes en sacralisant tout ce qu'ils font], nous pourrions peut-être déménager et trouver un nouveau chez nous, un nouvel environnement plus calme, plus adapté ... J'en suis effrayé à l'idée de l'effort surhumain que cela supposera mais onze ans après être arrivés ici, peut-être qu'il est l'heure de partir.

Sur la maison de campagne, je sais à peu près vers où je veux aller ... la Normandie de mes ancêtres serait une bonne destination. Ou alors, carrément, une résidence secondaire dans un autre pays [si tu me connais un peu, tu pourrais presque deviner vers où mes yeux se tournent].

"Tu es malheureux avec moi ?" m'a-t-il demandé ... et, encore une fois, je lui ai rappelé une vérité première : quand je ne trouve plus de sens à quelque chose, je m'en départis. C'est ainsi à la fin de cette année que je déciderai si je reste à la Compagnie chérie tant mon boulot actuel me pompe une énergie démesurée par rapport à l'argent et à la satisfaction intellectuelle que j'en tire. Donc oui, si j'étais malheureux, je serais déjà parti et ne serais plus marié avec lui. Mais, les yeux dans les yeux, je lui ai répété qu'il m rend heureux même s'il est casse-couilles, même s'il complique tout, même s'il est castrateur ... mais aussi parce qu'il est incroyablement malin, qu'il est étourdissant d'intelligence et qu'il a toujours, à mes yeux, autant de capacité à faire exploser mes hormones à la vitesse de la lumière.

"En fait, je me rends compte que je te ralentis sur tout, que je décale tout tout le temps et que je résiste à toute organisation que tu mets en place et je le vis très mal" a-t-il ajouté. C'est le propre du couple que d'être une guerre du quotidien mais c'est vrai qu'il est en résistance de tout sur tout. D'ailleurs, lui-ai-je fait remarquer, pourquoi résister sur le rangement des DVD qui prennent la poussière depuis dix ans sur des étagères et qu'il ne regardera jamais à telle enseigne qu'ils sont encore sous cellophane ? A cela, il m'a répondu qu'il avait du mal à se départir de choses qui font partie de sa vie [alors qu'il ne les a toujours pas déballées !!!] et qu'il a besoin de mon aide pour cela, sans que je ne le juge. Avec un peu de temps et beaucoup de patience, nous avons trié ... et figure-toi qu'il y a un sac rempli à rabord qui va partir ... Pas moins de 100 DVD qui ne servent à rien, ça élague un peu. Mais il y en a encore à faire ... C'est surtout que la seule idée cadeau qu'il m'a donnée, c'est une grosse figurine : un singe jaune avec la musculature qui va bien. Sauf que ... "On le met où ?" ai-je fait remarqué. Oui, je vis avec un accumulateur qui se rassure à accumuler et est terrifié par le vide. Il parait que cela va chercher loin chez lui mais il m'a accordé que ça devient étouffant et oppressant qu'il y en ait autant partout [même s'il fait des efforts].

Donc ...
On va peut-être déménager.
On va probablement acheter une maison de campagne [j'ai perfidement fait remarquer : "Pour partir en vacances, tu voulais une voiture. Pour ton anniversaire, tu veux une maison !"].
On a commencé à désencombrer un tout petit peu mais ça va continuer.
On va chercher aussi de quoi renouveler notre chez nous avec de nouveaux poufs [bon, faut qu'on tombe d'accord mais je finirais par y arriver], une nouvelle table basse de salon [là aussi, ça va être compliqué parce que nous divergeons sur le design].
Je n'ai pas plus d'idées cadeau pour lui mais il a fendu l'armure de ce qui l’oppresse.
J'ai probablement rassuré Zolimari à nouveau mais je lui ai aussi expliqué qu'il n'en a pas terminé avec les nœuds qu'il a dans la tête.
C'est pas mal pour une discussion de quelques minutes, non ?

Tto, qui sait qu'il faut savoir être patient