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En regardant ce qui me sert de bureau depuis un an, jour pour jour, j'ai envisagé cet élastique enroulé autour d'une punaise XXL [oui, j'adore la disproportion de certains objets dont la banalité confère de l'indifférence]. Comme souvent avec les élastiques, je les entortille au feeling autour de quelque chose ... jusqu'à une torsion qui, si elle n'est pas toujours extrême, permet d'arriver à quelque chose qui me convient sans nécessairement me plaire.

Il en résulte un objet singulier, qui ne sert souvent à rien d'autre que d'être un prétexte à la manipulation considérant que je ne peux pas toujours manipuler ce que j'ai entre les jambes [bien que cela me détende].
Oui, cela ne sert à rien, c'est presque même pas beau mais mes doigts parcourent cet ensemble et jouent à enrouler l'élastique encore davantage ou à l'étirer autrement.

En regardant ce matin ce "truc" posé sur mon bureau de chez moi, là où je passe près de 70 heures par semaine depuis trop longtemps, j'en suis venu à me dire que cet élastique était une allégorie de ma vie d'aujourd'hui. La punaise blanche est rigide, piquante même, indomptable et suffisamment inflexible pour figurer l'environnement immédiat : la vie, les gens, les choses avec lesquelles il faut composer.
L'élastique, lui, c'est un peu moi. Je m'enroule autour de la punaise, j'essaye de faire corps avec elle. Un nœud vient assurer l’arrimage mais il ne faudrait pas grand chose pour qu'il s'en détache, pas grand chose certes mais beaucoup de violence ou de volonté. Oui, cet élastique est noué en un endroit. Un nœud simple qui fait le tour de la punaise, comme pour disposer de la meilleure appréhension. Le nœud est simple oui, simple mais efficace parce qu'il permet d'envisager qu'avec les propriétés de l'élastique, la chose ne bouge pas.
De l'autre côté et au delà du petit nœud non coulissant, il y a une grande partie de l'élastique qui est laissée libre bien qu'arrimée à l'ensemble par solidarité de corps. Ce bout restant se tord, peut aisément venir solidifier l'ensemble comme s'en détacher pour accrocher autre chose ou même vivre sa vie.

Cet élastique, c'est moi : noué, tordu, tentant de faire miennes les contraintes d'une vie à laquelle j'acquiers la certitude qu'elle m'est fondamentalement différente. C'est moi aussi au regard de la tonicité indéfectible, de l'attachement aussi, de l'opiniâtreté à s'accrocher à cette punaise de vie. Enfin, tu noteras quand même que j'attache une importance au fait que mon nœud soit impeccable.

Tto, qui métaphorise