Les contraires - la famille

S'il y a bien un sujet qui divise le couple, c'est la famille et c'est là que les différences provoquent, en outre, parfois des écarts difficiles à rattraper. C'est à l'occasion d'une discussion pendant le visionnage du film "Le premier jour du reste de ta vie" que j'ai eu l'idée de ce billet parce qu'il n'est pas question de différences là, il est réellement question de contraires. Et comme d'ordrinaire, les contraires s'attirent.

- Je suis attaché aux événements familiaux et aux symboles qui les véhiculent. Zolimari, non.

- Je trouve évident que même s'il ne s'entendait pas avec son père qui le dénigrait en permanence, le personnage de Robert Duval [joué par Jacques Gamblin] peut légitimement être boulversé quand son père meurt seul chez lui alors que Robert Duval marie son fils. Zolimari, pas du tout au motif que de toute façon, il ne s'entendait pas avec son père.

- J'essaye constamment de nouer de sponts avec certains éléments, choisis, de mes familles [paternelle et maternelle]. Zolimari, non.

- Je déploie une énergie folle pour construire ou réparer les ponts entre certains membres de la famille. Zolimari, bien que ne m'en dissuadant pas, ne comprend pas l'intérêt.

- Je serai triste le jour où certain(e)s vont mourir. Zolimari ne comprend pas puisque, ne leur parlant pas aujourd'hui, il considère qu'ils sont déjà sortis de ma vie.

Je vais arrêter là l'énumération des arguments échangés dans le cadre de la discussion de dimanche dernier pour passer à une analyse plus personnelle des choses. En quelque sorte, je sais exactement qui est qui dans mon univers familial. J'ai pris le temps de donner sa chance à chacun, j'ai pris des coups, j'en ai donné aussi et le kaléidoscope est aujourd'hui assez cohérent dans mon esprit. C'est une débauche d'énergie qui peut être incompréhensible pour certains, dont Zolimari qui, pour me l'avoir déjà dit, ne comprend pas bien à quoi cela rime ni ce que j'en espère. C'est peut-être là la question qu'il pose et à laquelle il faut répondre. Toutefois, je ne suis pas comme lui à tout jeter quand il estime que c'est fini ou qu'il n'y a plus rien à espérer, nonobstant le fait que cela concerne son père, son oncle, une cousine ou que sais-je encore. Tel n'est pas mon cas et, j'avoue, qu'on pourrait y voir là une incohérence fâcheuse : couper les ponts et laisser de l'importance au motif que nous partagerions du sang.

C'est la notion même de symbole qui nous sépare : lui assimile la famille à beaucoup de complications qu'il règle comme il règle d'autres problèmes de la vie, et le sang ou les liens familiaux ne doivent rien y changer, ils sont même indifférents. Tel n'est pas le cas pour moi, bien au contraire.
Prenons un exemple : je m'étais rapproché de mon oncle, mis en marge de la famille par banissement paternel qu'il a savoureusement entretenu. J'avais proposé à cet oncle de prendre en charge les photos de mon mariage. Il m'a planté deux mois avant au motif que j'avais invité mon cousin, fils de son frère auquel il a décrêté qu'il ne devait plus parler pour des raisons qui ne m'appartiennent pas de connaître. Du coup et depuis ce jour où il m'a écrit que sa décision de ne pas assister à mon mariage était "irrévocable", j'ai décidé de ne plus lui parler parce qu'il a piétinné le symbole de cette journée à mes yeux, que j'avais fait le choix de privilégier de l'inviter plutôt que son frère justement et que j'attachais une importance capitale à ce que son regard [que je trouve génial] mette en image l'une des journées le splus fondamentales de ma vie. Son affront [qui plus est, pour de mauvaises raisons parce que l'argument avancé n'était pas honnête] est trop difficile à surmonter à mes yeux et j'ai considéré qu'il ne méritait pas la place que je lui avais redonnée dans ma vie, étant précisé qu'il parait que je lui ressemble tant. Pourtant ... j'écoute, sans les demander, les nouvelles que l'on me donne de lui. Je ne l'ai pas rayé de ma vie mais je me suis interdit, par punition, de ne plus lui parler et j'espère qu'il en souffre [je n'en suis même pas certain]. Cette histoire révèle nos positions ocntraires : moi, je laisse encore de l'adhérence, Zolimari aurait coupé définitivement sans aucune chance de retour.

J'ai fini par comprendre cet écart il n'y a pas si longtemps. Observateur privilégié du théâtre de la famille de Zolimari, j'ai assez bien compris les forces centrifuges en place et, honnêtement, c'est beaucoup plus simple que de mon côté. Après avoir essayé de construire de nouveaux ponts entre les uns et les autres, je me suis rendu à la conclusion que Zolimari a raison : cela ne sert à rien. C'est même vain parce que lui comme eux n'en ont pas envie. Pour incohérente e hypocrite que soit ma position vis-à-vis de certains membres de ma famille, j'ai également souligné qu'il en était de même chez lui puisque, nonobstant le fait que plus grand chose ne les rapproche [là dessus, son père a mille fois raison], ils continuent à se réunir à Noël ou pour les anniversaires. A hypocrisie, hypocrisie et demi ...

Et c'est peut-être là que nos contraires nous rassemblent. Sans passer par le même chemin, nous arrivons au même endroit à ce ci près que je subis moins la notion de famille [qui a pourtant davantage d'emprise] : nous composons avec la notion de famille. Facteur agravant, je compose tellement que le concept même me plaît dans la mesure où je fais des recherches et j'éclaire finalement l'histoire de celle-ci. A cet égard, Zolimari est à des années lumière de moi ...

Tto, petite branche d'un arbre