American nightmareA ceux qui dansaient sur les braises du bûcher de Trump avant qu'elles ne soient refroidies, à ceux qui s'improvisaient spécialistes de politique intérieure des Stazini, à ceux qui ne veulent toujours pas voir ni entendre le cri sourd et imperturbable du ras-le-bol populaire qui emporte tout sur son passage, ... le réveil est difficile.

Pour autant que je l'ai ardemment souhaité, tu n'as pas lu ici la moindre projection enflammée de victoire de Joe Robinette Biden [oui, le deuxième prénom de Biden est bien "Robinette"]. Vraiment ? Affirmatif ! Et oui, je sentais comme beaucoup que le "To close to call" allait être la règle. Je ne regrette pas ma soirée pour le coup. 

Dès lors, je ne vais pas commencer à faire des plans sur la comète ... ce serait tellement hasardeux et impropre à la rigueur que je m'assigne. Le fait est que le cauchemar est total et l'on peut féliciter les scénaristes de cette campagne pour cette fin de saison qui pulvérise tous les shows télé US en la matière.

L'heure est maintenant aux foucades et ruades, aux calculs savants et aux scenarii catastrophes qui pourraient bine précipiter la première démocratie du monde [ainsi auto-proclamée] dans les ténèbres d'une crise inédite. C'est donc l'heure où les athéniens s'atteignirent et maintenant que l'on va voir si la force de la Constitution de 1787 survivra à cette péripétie alors que l'actuel Président revendique, comme prévu, la victoire exigeant que certains bulletins ne soient plus comptés ... un dictateur des caraïbes ne ferait pas mieux.

On sait déjà plusieurs choses :
- Biden n'a pas fait le plein malgré une sensible augmentation des votes démocrates par rapport à ceux d'Hillary Clinton en 2016 [signifiant donc vraiment que la performance de l'ex-Secretary of State avait été mauvaise] ;
- Trump a su mobiliser et résiste même s'il abandonne du terrain, assez sévèrement dans certains états ;
- Biden n'aura pas de majorité au Sénat et sera donc condamné à cohabiter s'il finit par l'emporter ;
- La fracture du pays est plus abyssale que jamais et le choc des suprémacistes avec les BLM [Black Lives Matter] est annoncé ;
- Peut-être ne faudra-t-il pas plusieurs semaines pour déboucher sur un résultat des urnes, mais il faudra bien attendre jeudi soir ou vendredi matin à Paris pour commencer à y voir plus clair.

Le réveil est donc douloureux pour ceux qui pensaient encore que l'Amérique de leurs rêves [celle de la côte Est et de l'upper class] se réveillerait. C'est faire fi de la colère irrationnelle attisée par le pompier Trump qui agit en pyromane depuis plus de quatre ans et compte bien aller plus loin, quitte à tout emporter sur son passage.
On peut se moquer des américains qui se réveillent groggys d'un tel cauchemar qui n'est toujours pas achevé : on oublierait alors bien vite que le scrutin américain est souvent annonciateur de ce qui va se passer en Europe et l'élection présidentielle française de 2022 pourrait bien occasionner un réveil comparable.

Tto, qui a veillé mais a vite compris que ses intuitions étaient hélas les bonnes