Cela ressemble à un démarrage en côte que tu rates. En trouvant de maigres forces pour coucher là quelques mots d'explication, c'est finalement l'image qui m'est venue le plus vite ... et c'est peut-être la meilleure.

"Putain de rentrée" disais-je mercredi, dans un billet assez crépusculaire témoignant du peu de ravissement que mon retour tonitruant m'évoquait, assez tristement. Depuis, rien ne s'arrange et c'est même carrément une descente aux enfers. J'exagère ? Non, pas tant que cela surtout quand tu envisages que je réagis de façon extrêmement frappante : je m'effondre.

Alors oui, avoir les yeux rouges et être si fatigué que j'ai l'impression que toutes mes forces me quittent, avoir la tête qui manque d'exploser et ressentir cette très désagréable impression qu'un cmaion te roule dessus toutes les heures, je t'assure que ce sont des sensations qui font mal au point que j'en suis pulvérisé ... trois jours après être rentré de congés.

Que se passe-t-il ?
Mardi matin, on m'attendait de pied ferme. Cinq réunions dans la journée, rien que ça dont une première pour m'annoncer que ... le périmètre, dont j'ai la charge et dont je peine à embrasser les contours et contraintes, va changer et être élargi. Pour diverses raisons, il a été décidé [on me demande mon avis pour le principe] que je devais prendre en charge à côté une nouvelle équipe de façon à devenir responsable aussi des instances de gouvernance faitières de la Compagnie chérie. Ah oui, c'est que du bon donc je devrais être content ... sauf que je n'avais déjà pas assez de temps à consacrer à ce que j'étais déjà censé faire, donc doubler le volume en me rajoutant une équipe dont la responsable est clairement rétrogradée puisque je deviens son nouveau chef, tu imagines le bourbier dans lequel je suis.

Le temps de digérer tout cela, l'effroi me saisit à chaque minute et, ce matin encore dans mon bureau à des heures inadmissibles, j'ai fondu en larmes en appelant au secours Zolimari. "Il faut te ressaisir. Soit tu encaisses, soit tu arrêtes" m'a-t-il lancé. Je pense qu'il ne s'est pas rendu compte que j'attendais que l'on me protège plutôt que l'on en rajoute, comme si la pression me faisait défaut. Cela a donc été pire que tout.

Donc oui, cette nouvelle époque, seizième du nom, commence de curieuse façon. Je n'ai pas besoin d'encouragements, de phrases toutes faites teintées de "bon courage", "tu vas y arriver", "t'es trop fort de toute façon" ou autres. J'ai simplement besoin que l'on me protège parce que, même si je donne le change, je ne compte plus les personnes qui m'imaginent plus fort que je ne le suis, plus solide qu'en réalité, plus robuste qu'en vrai. Et que l'on cesse de m'implorer de prendre du recul : la formule est si creuse qu'elle ne sert à rien. Prendre du recul ou de la hauteur, tu penses bien que je le ferai si je le pouvais.

Ma seule priorité est de survivre à cette journée, d'arriver telle une épave vers mon wikende et d'essayer de retaper ce qui pourra l'être pour la semaine suivante. C'est précisément tout ce que je voulais éviter ... mais peut-être ne suis-je pas taillé pour cette vie là alors que je l'ai voulue.

Tto, épuisé au plus haut point