LES 48 LOIS DU POUVOIR

Cet été [ici, ici, ici et ici], tu as pu faire un test pour savoir si tu étais un winner ... Cette saison, je vais te proposer de mettre en perspective les 48 LOIS DU POUVOIR, en perspective avec ma vie et mes histoires ... histoire que tu te rendes compte que ... non, je n'ai pas le pouvoir mais j'essaye de m'en rapprocher, comme tout le monde !

Le propre des hiérarchies, c'est bien qu'elles sont parfois symboliques et qu'elles constituent l'ultime argument qui permet à certains de se persuader de leur ascendant auto-proclamé qui n'aurait plus à être mis à l'épreuve. C'est particulièrement vrai pour les gens qui n'ont pas une confiance excessive en eux ...

A la World Company, j'ai travaillé dix ans avec quelqu'un comme ça, quelqu'un qui était très assis sur la logique hiérarchique et qui savait le rappeler lorsqu'il sentait que l'on pouvait, parfois, essayer de la contourner ... comme j'ai la fâcheuse tendance à essayer de le faire régulièrement parce que oui, je suis un ambitieux. Attention, l'ambition n'est pas, de mon point de vue, quelque chose qui soit péjoratif ou détestable : c'est même assez sain je trouve que d'être ambitieux pour soi-même. Si l'ambition se résume en revanche à ne poursuivre qu'un but médiocre comme avec un grand bureau et une voiture de fonction, là c'est parfois plus criticable en ce que je ne vois pas bien en quoi cela élève. Moi, je suis ambitieux parce que j'ai compris depuis longtemps que plus tu gravis les échelons, plus tu gagnes en autonomie et plus tu t'affranchis d'une hiérarchie pesante te maintenant dans une case trop étroite.

Donc oui, je poussais régulièrement les lignes, je démontrais à qui était un peu lucide que j'étais plus capable, plus jeune, plus rapide, plus ... performant qu'un directeur en place depuis 36 ans et qui savait l'inéluctable retraite plus ou moins proche. Pourtant, j'ai écouté ses craintes et son indispensable souci de me rappeler qu'il était là, qu'il était mon chef, qu'il avait tous les droits [il faut savoir jouer le jeu, hein ?] ... Je l'ai rapidement considéré comme il le souhaitait : au dessus.

Ce fut un pacte implicite finalement ... Lui savait que j'étais capable de plein de choses et me laissait des marges de manoeuvres qui l'arrangeaient bien, moi je goûtais à cette liberté d'autonomie en l'utilisant comme parapluie puisqu'il fallait bien que cette hiérarchie me serve à quelque chose ! Ne jamais le surpasser, telle était la clef.

C'était même d'autant plus certain que j'avais vu ceux qui avaient tenté de le déborder et qu'il avait sacrifié sans aucune mansuétude, aussi impitoyablement qu'il le fallait pour maintenir son rang et réaffirmer sa position. C'est un jeu de pouvoir que de ne jamais surpasser le Maître, que de le laisser sur son piédestal contempler les manants au sujet desquels il est persuadé qu'ils lui sont inférieurs. Cette hauteur enivre et ouvre, à ceux dont je suis qui ont compris la technique, des marges. Certains ont appelé cela de la compromission : moi, j'ai acheté des années de collaboration pacifiques [qui n'ont pas été de tout repos quand même] en le regardant faire. Parce que ne jamais surpasser le Maître, c'est aussi observer la mécanique de l'intérieur pour mieux en connaître toutes les failles et les atouts qu'il faudra reproduire un jour, à mon tour.

Oui, j'ai toujours laissé le Maître hypnotisé par son statut de Maître là où il était, quand cela me servait et était justifié. La hiérarchie d'accord quand elle est utile [et qu'elle m'a appris des choses]. Quand elle est stérile, je n'ai jamais eu d'états d'âme et je suis allé souvent au clash ... en le remportant in fine.

Tto, révérencieux juste ce qu'il faut