le réquisitoireDieu qu'elle est laide cette haine des uns contre ceux qu'ils ne sont pas parvenus à éradiquer malgré le fait qu'ils aient eu tous les pouvoirs qu'ils dénoncent aujourd'hui dans les mains des opposants. C'est curieux de voir cette propension presque caricaturale de la droite française à dénoncer ce dont elle a profité, cette propension à donner en spectacle une image déplorable de revanchards à la petite semaine qui n'ont toujours pas compris, onze mois plus tard, que leur candidat d'alors était finalement le pire obstacle à leur victoire.

Ainsi donc, l'Histoire est ironique et pas qu'un peu. Alors qu'il avait tout fait pour les zigouiller [attention, pas les pendre sur des crocs de bouchers, pas eux ... juste les liquider] compte tenu du fait que leur indépendance statutaire devenait certainement trop menaçante [curieux lorsque l'on n'a rien à se reprocher], c'est finalement un Juge d'Instruction du nom de Gentil [ironique, j'te dis] qui tourmente Nicolas Sarkozy, toujours aussi persuadé d'être inattaquable. Hélas, tout formidable qu'il soit aux dires de Morano et Balkany [c'est dire ...], il n'en demeure pas moins un justiciable comme les autres qui, lorsque des éléments concordants le justifie, doit répondre aux questions de la Justice. Ancien Président ou pas, Sarkozy n'est plus protégé par quelque immunité que ce soit et on imagine à quel point cela doit lui paraître pénible, lui qui avait tant promis que tout était possible. La dure réalité ...

Là dessus, il n'est pas question d'épiloguer sur l'opportunité ou non de la mise en examen, du torpillage de la communication relative à son retour sur la scène politique ou autre ... [pauvre Carlita, tout son plan marketing foutu en l'air, c'est vraiment dommage d'être inaudible jusque dans la promo]. Non, ce qui est le plus insupportable, c'est d'assister à l'idécence des caciques de l'UMP qui se répandent tels des vieillards séniles et incontinents d'une maison de retraite en déclarations ahurissantes, en outrages plus ou moins joués, en excès consternants a fortiori lorsque l'on prétend devoir exercer des responsabilités nationales. Et à ce petit jeu, la palme revient à l'ancienne plume de Naboléon, Henri Guaino.

Guaino

Ah ... Henri Guaino ... l'homme politique haut fonctionnaire qui ne supporte pas qu'on lui rappelle les approximations de son verbe, qui est excédé de toute critique à l'endroit du précédent locataire de l'Elysée [qui ne sera définitivement jamais De Gaulle, ne lui en déplaise] ! Tout un poème Henri Guaino ... Il nous abreuve de ses considérations sociétales alors qu'il n'y connaît finalement pas grand chose [au moins autant que le reste], assène des jugements d'un caractère péremptoire qui n'appartiennent qu'à des esprits dont il ne fait clairement pas partie, se prévaut d'un mandat électif qu'il vient seulement d'accrocher après avoir vécu longtemps dans les couloirs des palais de la Républiques et de ses annexes [plus ou moins pédagogiques] ... Bref, Guaino se pique d'être Malraux avec ses emportements pseudo-lyriques qui ne dépassent finalement pas le stand Arlequin d'un rayon Bouquins d'un ancien Prisunic un peu poussiéreux.

Et pourtant, il y met du coeur le Riton ... Sur Europe 1 la semaine dernière, je l'entends encore hurler que le juge Jean-Michel Gentil avait "déshonoré la justice" en mettant en examen Naboléon pour abus de faiblesse. Qu'est ce qu'on a pris dans les oreilles !!! "Je conteste la façon dont il fait son travail (...), je la trouve indigne, je trouve qu'il a déshonoré un homme, les institutions, la justice". Devenu subitement magistrat et très instruit de la science juridique, Monsieur Guaino s'est laissé aller à considérer que la qualification juridique retenue par le Juge d'Instruction était "grotesque, insupportable". Et comme s'il ne pouvait pas s'arrêter, il a achevé l'auditeur en vociférant que "cette décision est irresponsable, elle n'a pas tenu compte des conséquences qu'elle pouvait avoir sur l'image du pays, de la République, de nos institutions", avant, pétri de sa fine expertise juridique et procédurale, de demander au Juge d'Instruction "de venir expliquer aux Français pourquoi (...) il a pris une décision aussi lourde de conséquences".

Il est fort Henri Guaino ... Ah ça, pour déshonorer la République Française, il en connaît un rayon rien qu'avec son discours de Dakar qui était soit ignoble soit cruellement mal écrit ce qui est un comble pour une plume largement rémunérée comme telle ! Parce que bon, la seule interview de Guaino par Bruce Toussaint ce vendredi matin est une anthologie : Guaino invente une obligation de devoir s'expliquer d'une décision de justice au mépris total et absolu du secret de l'instruction destiné à protéger Naboléon aussi, c'est dire l'ineptie du propos qui est une pure fiction dans le monde idéalisé de Guaino. En outre, la qualification juridique n'est pas grotesque ni insupportable : elle est même parfaitement reconnue par les textes et le fait qu'elle ne soit pas fréquemment employée dans un tel contexte de la prive pas de base légale ... Là encore, pour une plume, si peu maîtriser les mots devient inquiétant ...

Mais le mieux, c'est lorsque Guaino, grand expert en la matière, a invoqué le déshonneur tel le grand prêtre inca annonçant sinon l'apocalypse, en tout cas les tourments les plus redoutables. Le déshonneur ! Rien que cela ... mais surtout cela et c'est précisément ce qui en apprend beaucoup sur cet homme, rétif à toute contraction, incapable de supporter qu'une décision n'aille pas dans son sens ou, du moins, dans le sens qu'il a considéré tout seul comme juste et bon. La médaille du pouvoir a ce revers : elle grise [pas seulement les tempes] et fait croire à ceux qui l'ont approché de trop près qu'ils peuvent tout se permettre. Audiard disait même que les cons osent tout, c'est même à cela qu'on les reconnaît. Précisément ... J'invite Monsieur Guaino à aller passer un peu de temps sur les bancs d'une faculté de droit, afin qu'il apprenne les bases d'une matière, le droit pénal, dont il est désormais très clair qu'il n'entend rien mais qu'il se permet de juger. Cela lui enseignera quel est le métier du Juge d'Instruction que la clique à laquelle il a appartenu avait pour projet d'anéantir. Qui est Henri Guaino pour juger le travail d'un Juge d'Instruction [étant précisé que l'on ne peut, éventuellement, porter un jugement sur ledit travail qu'au terme de l'Instruction voire même au terme du procès pénal] ? Qu'est ce qui est indigne Henri Guaino ... votre logorrhée ou les idées qui viennent derrière et qui n'ont rien de gaullistes [nonobstant les qualificatifs factices dont vous aimez à vous parer comme pour vous persuader de ce dont je doute profondément] ? En quoi le juge Gentil a-t-il déshonnoré la Justice en appliquant strictement le code de Procédure Pénale ?

L'indignité, le déshonneur, le grotesque, l'insupportable ... C'est vous Henri Guaino, vous élu de la République qui parasitez celle-ci comme une HIPPOBOSQUE, qui salissez la République avec des propos aussi lamentables, nauséeux de partisanisme au point qu'ils vous fassent dire des absurdités qui ne procèdent aucunement du droit à critiquer comme vous, derechef, maladroitement essayé par la suite d'habiller vos dérives. Vous êtes passible du délit d'injure à magistrat et c'est tant mieux. Vous hurlerez encore à la République des Juges [comme tous ces grands démocrates que la séparation des pouvoirs ne dérange pas jusqu'à ce qu'elle contrarie leurs intérêts égocentrés] mais ce n'est qu'un État de droit. Que le concept vous révulse à ce point est, comme je le disais plus haut, très révélateur ... Révélateur de ce qu'on voudra y voir de plus sombre [que je ne suis pas loin de partager] mais surtout révélateur de votre incurie crasse et détestable pour un donneur de leçons qui exige de pouvoir juger un juge : la décision du Juge Gentil est susceptible de voies de recours, comme dans un système juridique démocratique. Cela vous avait aussi échappé, comme les mots dont vous n'êtes manifestement pas orfèvre. Je veux donc croire que vous avez été beaucoup censuré depuis 2007, hélas pas assez ...

Tto, qui voudrait bien prendre le temps d'expliquer à Guaino mais qui peine à croire que cela servirait à quelque chose

le mot du premier2

HIPPOBOSQUE  : nom commun masculin ou féminin
Espèce de mouche nuisible aux chevaux ou aux boeufs ...